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Web 1.0
Après l’effondrement de la première bulle internet et la leçon couteuse que ça a été pour les investisseurs web de l’époque, il fallait changer le packaging du produit et investissement web.
Nous sommes en 2004/2005 (moment du lancement de Facebook, Youtube etc…) , quand le cyberguru Tim O’Reilly propose le principe en cours de propagation qu’était le web 2.0.
Le nom Web 2.0 étant  assez différencié du web 1.0 et l’écosystème technologique assez mature,  le concept a pris de l’ampleur pour devenir un argument de vente.

Pourtant le web 2.0 n’était finalement que le résultant d’une rupture technologique qui correspondait au haut débit. Les consommateurs n’étaient passifs que parce que leur bande passante ne leur permettait pas de publier eux-mêmes du contenu en amateurs. Il était possible, si la connexion le permettait, de visualiser une vidéo mais trop fastidieux de l’uploader soi-même. Une fois la bande passante disponible, les internautes n’ont pas hésité eux-mêmes à uploader le contenu et ainsi développer les qualités de base du dit web 2.0 : Interactif, participatif, collaboratif et communautaire.
Cela permettra alors de développer deux concepts clés que sont l’intelligence collective et le crowdsourcing
Avons-nous assisté à une vraie révolution permise par le web 2.0 ? Pas forcément, ca n’est finalement que la représentation de n’importe quel place de marché, souk ou lieu de vie humaine. Le web 2.0 ne correspondait qu’aux outils les mieux adaptés à la demande du moment pour reproduire de la façon le plus fidèle possible (mais amplifiée) les mêmes processus de fonctionnement sociétale.
Le web 2.0 correspondait donc de façon basique à l’estompement de la frontière entre le monde réel et le monde virtuel.

L’après web 2.0 et le web²
Que de projets ou de recherches vues se disent web 3.0 sans apporter de réelles différenciations avec l’existant. Et pourtant une appellation semble se démarquer. Elle est commise par le même Tim O’reilly qui cette fois avance le web².
Le web 2.0 reposait sur l’intelligence collective humaine. Les utilisateurs interagissaient entre eux et uploadaient le contenu sur des sites leur proposant les outils de partage. Du fait de la convergence et de l’intégration de capacité de connexion à différents objets hors PC ou mobile, le web², actuel, repose sur l’intelligence des humains couplée à l’intelligence des machines. L’interaction se fait donc au niveau P2P, P2M ainsi que M2P et M2M (Ici P pour Peer, et M pour Machine). C’est donc le web²  soit P2P*M2M.
La géolocalisation est le meilleur exemple actuel d’une communication émise par une machine (téléphone mobile par exemple) qui va influence la nature du contenu accessible pour l’adapter au lieu de la requête. En cherchant une pizzeria sur son téléphone, il ne sera pas nécessaire trier les résultats pour éliminer les pizzerias d’autres villes voire d’autres quartiers.  Le moteur de recherche devrait savoir interpréter l’information reçue du téléphone et proposer les résultats qui sont pertinents et adaptés pour l’utilisateur.

Participation sensorielle :
Pour reprendre une image qui représente ce web², Internet à sa naissance était comme un bébé qui ne pouvait que recevoir l’information. Le bébé grandissant et compilant les informations de ces premières années, il est capable maintenant de réagir et d’avoir une influence sur son environnement. Il est devenu capable de participer car il a développé une certaine intelligence croissante qui le sort de sa passivité. Pour reprendre l’exemple des moteurs de recherche, ceux-ci sont maintenant capables d’affiner leurs résultats en se basant sur le succès ou l’échec d’opérations précédentes. Le bébé apprend donc de lui-même et de ses interactions et peut alors commencer à influencer son environnement ; il devient actif.
Concrètement, la machine et le système technologique (plusieurs machines) doivent être capables d’interpréter les infos issues de son environnement et d’adapter son action ou réaction à cet environnement en fonction de l’intérêt de l’utilisateur.

Cette adaptation à l’utilisateur d’une part (marketing classique) et d’autre part à son environnement est probablement une forme de marketing².
Alors web², véritable évolution ou juste un autre concept fourre-tout pour différencier ses prestas ?
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Chez les grecs anciens, Prométhée, titan de métier, aurait différencié les humains des animaux en leur offrant le savoir, le feu et d’autres connaissances subtilisées chez les dieux. Zeus qui n’était pas très open-source l’accrocha au mont olympe en guise de punition (pour les détails c’est par ici).

Viendra, quelques siècles plus tard,  Bachelard qui développera le concept du complexe de Prométhée, équivalent intellectuel du complexe d’Œdipe où pourquoi nous éprouvons le besoin de dépasser intellectuellement le papa.

Mais ça c’était avant le minitel.

Depuis, Hervé Fischer, philosophe franco-canadien a introduit le mythe de Cyberprométhée
Au couple Éros et Thanatos, qui symbolise l’instinct de vie et l’instinct de mort selon Freud, Hervé Fischer ajoute Prométhée pour désigner l’instinct de puissance qui anime l’homme depuis qu’il a appris à maîtriser le feu et qui constitue une réaction compensatoire à son éternelle immaturité psychique. Aujourd’hui, cet instinct se déchaîne à nouveau sous la figure de CyberProméthée, exaltant la puissance exponentielle des technologies numériques.

Cyberprométhée (qui prend selon le besoin la forme du web, du web 2.0, de l’iPad…) sera notre salvation dans ce monde de brut (et même le christ cosmique à voir plus loin). Le mythe qui transformerait les internautes en cybernanthropes (homme + avatar(s)) tout puissants et omniscients. Voir Nous serons des dieux du même Fisher ou encore son travail sur la mythanalyse qui repose en gros sur la psychanalyse par les mythes contemporains et donc forcément virtuels.

Sinon pour les mystiques, on peut aller voir du côté de  Pierre Teilhard de Chardin et sa noosphère: cette couche de conscience (le web ? (sic !))  où  grâce à la convergence totale, le monde sera branché en direct pour former cette matrice de spiritualité ( re-sic !). Cette noosphère une fois développée devrait atteindre le point Omega qui nous amènera le Christ Cosmique sur terre (et éventuellement sur copainsdavant.com ). Pierrot, mort 49 ans avant Facebook en illusionne encore quelques uns ; vous avez vu de la spiritualité sur Chatroulette vous ?

Finalement les technologies sont seulement un amplificateur des capacités, ressources (et donc des  équilibres et déséquilibres humains). Le résultat reposera sur la gouvernance de ces technologies.

En espérant quand même qu’Internet ne se limitera pas aux lolcats – Autant de vues, vraiment !!!
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Avant de lancer les billets du blog et de passer pour un éventuel e-lluminé, autant calmer les ardeurs technologiques de suite en écartant tout de suite la classification gentil/méchant, yabon/pas bien et toutes nos considérations gréco-binaire du bien et du mal. La technologie est là depuis le gourdin (à base de 1 et de 0 d’ailleurs) et a tendance à évoluer. C’est un phénomène « naturel » que nous ne pouvons que canaliser. Le cybermarketing est là pour l’influencer.

Partons du principe – à développer plus tard-  que nous ne pouvons ni désapprendre ni désinventer, que Hiroshima et le chauffage du salon c’est kif kif et que si pas content il y a toujours le balcon.

L’idée de ce blog est de faire un état de l’extension virtuelle du monde dans lequel nous évoluons avec nos limites, nos contraintes, nos désirs et nos peurs.

Différentes thématiques concernant autant la technologie, l’innovation, le marketing, l’influence, l’éthique, le savoir-faire et le savoir-vivre seront abordées.

Pour reprendre l’imagerie houellebecquienne ; après le thanatos et l’éros, un troisième ring virtuel est en cours d’installation. Bienvenue  dans un monde en cours d’extension.

Le billet suivant est justement consacré au mythe du cyberprométhée.
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Le marketing dont vous trouverez la définition officielle ici est souvent associé, à tort ou de façon obsolète, à la vente. Pour bien cerner l’approche, le marketing relève plutôt de l’influence : influence d’une population (marché serait réducteur), influence de décisions, influence des choix, influence de l’environnement, influence de l’entreprise…
Le marketing online, définition là,  limite le marketing au monde virtuel, voire pire à internet.

Le Cybermarketing pense l’influence de façon systémique sans compartimenter les mondes ou les évolutions en cours ou à venir. Prenons l’exemple de la publicité, plusieurs niveaux doivent être pris en compte :
-Les canaux traditionnels : le bouche à oreille de la place du village, l’annonce par crieur public, le spot radio et l’encart presse, publipostage et flyers, spot TV…
-Les canaux virtuels classiques: bannières web, newsletter, achat de liens payants, publicité sur mobile...
-Les nouveaux canaux virtuels : jeux-vidéo, MMORPG, serious games, internet embarqué, vitrines interactives, objets connectés, nouveaux médias participatifs (viedemerde.fr, chatroulette…)...
-Les bridges et systèmes hybrides : Replay TV, Youtube, réalité augmentée...
-Les technologies et évolutions viables et à venir.


Pour résumer, vous pouvez toujours essayer de chopper le digital native, cette génération qui est né après le World Wide Web (born in 1992) devant un écran de TF1, alors que vous pourriez vous adresser à elle directement et à moindre coût sur un Farmville, un World Of Warcraft ou un viedemerde- like.
Le cybermarketing, dans un monde convergent et extensible, prend en compte et combine tous les canaux d’influence en fonction des objectifs et contraintes imposées.

Et pour expliquer directement la présence de ce blog sur ce site :
Cyber du mot grec  kubernêtikê signifie étymologiquement gouverner. Le cybermarketing est donc un pan majeur de la « cybertransformation » ici la gouvernance des transformations.

http://www.google.fr/search?source=ig&hl=fr&rlz=&=&q=marketing+d%C3%A9finition&btnG=Recherche+Google&meta=lr%3D
« Ce n’est pas parce que tu ne sais pas où aller que tu ne sais pas comment tu dois y aller »

Pendant longtemps les Directions de Recherche et d’Innovation ont évité de faire trop de prévisions surtout en matière de coûts et de délais : « Puisque nous ne savons pas exactement où nous allons –disaient-ils - comment saurions-nous quand nous y arriverons et où nous arriverons ? »
Mais, cet apparent bon sens, s’est heurté aux tenants de la gestion par projets. Tout dans l’entreprise et dans les institutions doit devenir un ou des projet(s). Certaines Ecoles maternelles y échappent peut-être !.

Reprenons la métaphore que nous avons utilisée ici : une démarche d’innovation ressemble à une exploration. L’explorateur ne sait pas exactement ce qu’il va trouver.

Toutefois :
- Il a un objectif (un lieu) qu’il définit,

- Généralement, d’autres explorateurs ont balisé des territoires voisins : il prend connaissance de leurs rapports,

- Il s’équipe en fonction de ce qu’il connait des régions à traverser : il n’a pas le même équipement au Pôle Sud qu’au Sahara,

- Il bâtit souvent des camps intermédiaires : autant d’étapes

- Il est assisté de natifs de la région

- Il dispose d’un budget : rares sont les sponsors à laisser –c’est le cas de le dire- carte blanche,

- Il se définit un ou plusieurs points d’arrêt : s’il n’a pas trouvé, il rebrousse chemin, au moins jusqu’au camp précédent.

Cette démarche est celle d’un projet d’innovation agile :

- Trop se charger au départ limiterait l’agilité : il vaut mieux équiper des camps intermédiaires,

- Prévoir des points de rebroussement empêche de céder à l’enthousiasme et au découragement,

- Utiliser une méthodologie (Stragis) c’est disposer d’un garde fou (au sens propre).


Mais des projets d’innovation ne peuvent se gérer que dans le cadre d’une stratégie d’innovation, qui ne se définit pas uniquement par un pourcentage du chiffre d’Affaires affecté à l’innovation.

Philippe Dupont
Colleague de la Creative Education Foundation